
J'aime lire les journaux électroniques. Récemment dans le NY Times, j'ai lu un article extrêmement intéressant sur les riches et leurs difficultés particulières lorsqu'ils entreprennent une thérapie. Cet article, intitulé "Challenges of 600$-a-session patients" (Les patients à 600 dollars la session et les défis qu'ils représentent), m'a fasciné. Je vous en livre un résumé et un commentaire.
La première difficulté semble résider dans le choix du thérapeute lui-même. En effet, il leur faut choisir un thérapeute habilité à traiter des patients extrêmement riches afin que le soignant soit capable de résister à la tentation de s'identifier avec son patient. Les gens très fortunés sont très séduisants pour le commun des mortels. Ils représentent souvent un niveau de réussite sociale que peu d'entre nous pourrons atteindre. Le thérapeute peut se trouver entraîner à adopter le même point de vue, à devenir un courtisant plus qu'un soignant.
(A mon avis, la solution à ce problème est simple: ils n'ont qu'à payer leur thérapeute de façon à le rendre riche lui aussi :))
Une autre difficulté peut provenir du type de personne qui devient riche en 2008. En effet, longtemps les gens riches étaient souvent les héritiers d'une fortune. Ils n'avaient pas bâti eux-mêmes un empire. Ils devaient gérer l'abandon d'un parent trop jet-set ou la peur de ne jamais égaler les réalisations de leurs géniteurs. Ce sont des dépressifs.
Au contraire, les nouveaux riches sont des gens extrêmement narcissiques, à un tel point que la dépression est exclue. Ils sont très difficiles à atteindre. Ils considèrent souvent le thérapeute comme un membre de leur armée personnelle. La plupart des gens chérissent le temps passé avec un thérapeute alors que ces biens nantis y voit une activité comme une autre, activité qu'il faut coincer dans l'horaire.
Un des thérapeutes spécialisés dans le traitement des gens riches parlait du syndrome du Roi Ludwig. Au 19ième siècle, un psychiatre de la famille royale bavaroise, Bernhard von Gudden, a commencé à traiter le Roi Ludwig II qui était psychotique. Cela se termina par la noyade des deux à bord d'un bateau. La morale de l'histoire: ne pas embarquer dans le bateau du patient.
Un autre problème de la haute société lorsqu'elle consulte est d'être pris au sérieux. Parfois, leurs problèmes peuvent sembler triviaux. Par exemple cette femme qui était en dépression car elle ne se trouvait pas assez bonne au tennis. Elle avait l'impression qu'aux yeux des autres femmes de son club, elle serait une personne moins adéquate si elle n'était pas bonne au tennis.
Il ne faut oublier que ces personnes disposent de moyens extraordinaires pour fuir leurs problèmes, ce qui souvent les empêchent de les régler. Comme cet homme célibataire et narcissique de la fin quarantaine qui, en d'autre temps et dans la majorité des circonstances aurait été considéré comme ayant manqué le bateau. Il pouvait, à travers ses richesses, trouver une certaine gratification et sauter d'une top-modèle à l'autre sans avoir besoin de s'engager ou de maintenir une relation. Il a d'ailleurs mis fin à la thérapie par la voix de son assistante:"Il est parti en Afrique pour un voyage non planifié".
Les "over-achiever" ont généralement une grande incapacité à accepter leurs limites. Comme ce patient humilié par le fait que son propre fils de 16 ans commençait à le battre au tennis. Il a arrêté le tennis en disant:"ce jeu est stupide. Frappe la balle par-là et par ici. Il n'y a rien à gagner?" Il a fini par essayer de décourager son fils d'y jouer...
Heureusement, ce rejet des barrières n'a pas que des mauvais côtés. La plupart des grandes entreprises, mercantiles ou philanthropiques, sont le résultat d'un homme tentant de conquérir son immortalité...
Voilà!
Articles très intéressant qui m'a bien fait rire. On y parle de la richesse comme d'un obstacle à la réalisation humaine de soi. L'argent ne fait pas le bonheur dit-on. Cet article semble le démontrer.
Voici l'article
http://www.nytimes.com/2008/07/07/nyregion/07therapists.html?ex=1373169600&en=7aa7a96ec5422013&ei=5124&partner=permalink&exprod=permalink