Maladies rénales chroniques: la majorité des gens affectés ignorent qu'ils le sont
![]() | François Gougeon |
(SHERBROOKE) Les maladies rénales chroniques affectent jusqu'à 8 pour cent de la population, mais la majorité des gens touchés l'ignorent: c'est sans symptôme, ni douleur mais le mal se développe insidieusement et peut entraîner différentes complications.
«Du nombre de gens avec une maladie rénale chronique, un petit pourcentage va se détériorer et devra avoir recours à la dialyse ou à la greffe. Chaque année, environ 1000 Québécois apprennent qu'ils souffrent d'insuffisance rénale terminale, dont environ 275 personnes en Estrie», déplore le néphrologue Tewfik Nawar, du CHUS.
Déplorable car toute silencieuse soit-elle, la maladie rénale chronique peut être diagnostiquée avant l'arrivée des dommages et traitée pour en ralentir la progression.
C'est sans oublier que les problèmes rénaux chroniques sont un important facteur de risque de maladies cardiovasculaires. «C'est même un facteur de risque plus important que le cholestérol selon des études sur le sujet «, signale le Dr Nawar. Ainsi donc, en détectant au plus vite une maladie rénale chronique, un patient limite d'autant les risques d'accident cardiovasculaire.
Les deux principales causes contributives aux maladies rénales chroniques sont l'hypertension et le diabète. «Et encore là, bien des gens l'ignorent. Il m'arrive de voir des patients chez qui l'hypertension a été détectée, mais qui sont tout surpris car ils pensaient que c'était accompagné de maux de tête», illustre le spécialiste.
Clinique populaire
Or, c'est justement dans le but de mieux informer les gens et de démystifier les risques de maladie rénale chronique que le Dr Nawar et d'autre néphrologues, de même que des infirmières et des intervenants de la Santé publique de l'Estrie, tiendront une clinique populaire le jeudi, 12 mars, au Carrefour de l'Estrie. Cela coïncide avec la Journée mondiale du rein. Entre 13 et 17 heures, dans le corridor donnant sur la porte centrale du boulevard de Portland, les visiteurs pourront aussi faire mesurer leur pression artérielle.
« C'est important que les gens soient sensibilisés et informés adéquatement de la réalité des maladies rénales chroniques dont les dommages directs et indirects sont évitables. Surtout dans un contexte de vieillissement de la population, car les fonctions rénales diminuent avec l'âge. Et c'est sans oublier toute la problématique de l'embonpoint croissant dans notre société, en lien avec le diabète», a notamment émis le spécialiste.
En outre, toujours le 12 mars, il y aura une activité d'enseignement à l'intention des médecins de famille de l'Estrie pour qu'ils portent encore plus attention aux maladies rénales chroniques dont leurs patients pourraient être atteints à leur insu.


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